[b][i] La passion des oiseaux... A Ferryville à la fin des années 40, beaucoup d'entre nous pratiquions la capture d'oiseaux chanteurs ... Oh ce n’était ni des massacres, ni motivé par autre chose que le désir d’acquérir des petits chanteurs... Au menu il y avait les chardonnerets , les cinis (serins), les pinsons, les verdiers nommés <verdrons>, et plus rarement les linots et les tarins (lucs)... La chasse se faisait à la glu ou à la cage-à-trappe... Elle se pratiquait partout où nous pouvions repérer des points d'eau, comme près de la plage Rondeau où il y avait à l'époque une mare, sur le territoire de la Marine aussi comme au marabou… Mais c'était risqué car les gendarmes de l'arsenal veillaient ... menaçants, ou encore au haut de la colline de Sidi Yahia près du sanatorium, ou près du château d'eau... Et enfin à l'oued Kossaïne pour les plus courageux... et les plus costauds, à cause de l'éloignement et les attaques des petits bergers toujours à craindre... La chasse se pratiquait à l'aide d'appelants chanteurs où sur leurs cages on posait délicatement des joncs enduit de cette glu. Les saisons les plus propices se situaient en fin d'été ou durant les mois d'hiver. On ne savait ni sexer les oiseaux ni vraiment bien les entretenir. Très peu d'entre nous avaient les compétences des Grozi, Camiolo ou encore Marchica que je salue, mais tous partageaient le même amour pour ces petits chanteurs... et un appelant bon chanteur était toujours source d'envie... pour lesquels nous risquions la peur des gendarmes et la colère de nos mères... Elles étaient les pauvres mamans dépassées par notre passion et inquiètes de nous voir nous éloigner hors de leur vue des après-midi de canicule et très souvent aussi écœurées de voir notre linge ruiné par la glu... Aussi les cages étaient ouvertes en cas de dépassement ... C'était le bon temps
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